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Les Désorientés, réalité brute d’un retour au pays natal

Sorti en 2012, le roman d’Amin Maalouf fait plus que jamais écho au sein d’une époque rythmée par les guerres et les flux migratoires. Sous forme de roman inspiré de sa jeunesse, l’auteur nous livre le récit du retour dans le pays qui l’a vu naître, vingt-cinq ans après l’avoir quitté.

Depuis la sortie du Rocher de Tanios en 1993, Amin Maalouf nous avait habitués à choisir son pays natal comme personnage principal de ses romans. En 2012, il revient avec Les Désorientés, dans lequel le Liban apparaît presque comme une terre étrangère.

Une nuit, Adam reçoit un appel téléphonique de Tania, la femme de son meilleur ami d’enfance. Ce dernier est mourant et demande à voir Adam avant qu’il ne soit trop tard. Exilé depuis vingt-cinq ans à Paris, le protagoniste se retrouve face à l’obligation morale de retourner sur les terres qui l’ont vu naître. Celles qui l’ont autrefois déçu et qu’il a délibérément choisi de quitter. Inspiré de sa jeunesse, Amin Maalouf retrace le parcours de son personnage et dresse le récit des retrouvailles d’un groupe d’amis dont les parcours diffèrent.

Jamais cité au cours de ces 520 pages, le lieu où se déroule l’histoire ne semble pas être le point essentiel de l’œuvre. Ce qui donne une toute autre force à la lecture. C’est l’image de ces « désorientés » qui compte, celle de ces destins que la guerre civile a séparé. Cette volonté de ne jamais citer son pays natal tend vers un constat universel : le livre s’attarde sur ce qu’il se passe dans l’esprit d’un exilé, ce qu’il gagne à s’éloigner et ce qu’il perd à partir. Amin Maalouf réussit un tour de force en faisant passer des sentiments personnels pour des émotions universelles. Thème récurrent dans la littérature, la forme que prend ici le « retour au pays natal » pousse le lecteur à réfléchir sur le paradoxe porté par ces « désorientés ». L’histoire d’une trahison pour certains, celle d’un choix pour Adam.

 

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©Vinoth Chandar

 

La forme de récit choisie par Amin Maalouf rend la lecture fluide et facile. Entre dialogues directs, récits épistolaires et notes personnelles, le personnage dresse le portrait d’un Liban qu’il avait choisi de laisser derrière lui. Au cœur d’une époque où les guerres et les tensions inter-communautaires au Moyen-Orient font rage, le livre aborde subtilement des sujets tels que le conflit israélo-arabe ou même le radicalisme islamique. A travers les vestiges d’une génération, Amin Maalouf pose des questions philosophiques, politiques et humaines. Le fossé culturel qui sépare deux mondes aujourd’hui est incarné par le personnage d’Adam. Résumé ainsi, la question de faire « le bon choix » face à la guerre ne devrait sans doute pas voir le jour. Les Désorientés propose une réflexion profonde sur l’exil et l’appartenance à un pays. La position occupée par l’auteur est catégorique : « La seule chose importante, pour moi comme pour tous les humains, c’est d’être venu au monde. Au monde ! Naître, c’est venir au monde, pas dans tel ou tel pays, pas dans telle ou telle maison ».

 

Alexia Ricard

 

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