Cine/En français

Pablo Berger croque la pomme

La nouvelle adaptation cinématographique de Blanche Neige, par le réalisateur Pablo Berger, dépoussiérée et mise à la sauce espagnole, réactualise avec brio ce conte intemporel.

65283_197522730388743_1095031889_n

©Rezo Films

Mercredi, 18H30. La file d’attente devant la salle où l’on projette Django Unchained de Tarantino est dense. Des jeunes, des moins jeunes. Surtout des jeunes. Des groupes entiers d’ados bruyants et excités qui sentent le sucre. Tarantino a le vent en poupe. De l’autre côté du couloir, le nouveau film de Pablo Berger : Blancanieves est joué dans une micro salle. Ambiance intimiste et feutrée. Le public est venu seul, rarement à deux. Ici pas de bavardage, ni de sucre. Le spectateur s’installe en silence et attend comme un élève sage que la séance commence. Moyenne d’âge : 40 ans. Moyenne de places laissées vides entre les spectateurs : 4. La salle ressemble à un énorme morceau de gruyère. Mais qui est ce spectateur? Tout compte fait, il n’est pas aussi sérieux qu’il n’y parait ; comme Christian qui avoue venir parce que ça parle de Blanche Neige, que c’est un conte qui l’a marqué tout petit et que finalement « on est toujours de grands enfants ». Comme quoi Blanche Neige, fait toujours son effet. Pendant la projection, la classe se dissipe. On rit parfois. Particulièrement Antoine qui n’est pas passé inaperçu avec son rire sonore. La cause : les nains déguisés en toréadors glissera-t-il, mais aussi certains passages comiques qui ponctuent subtilement le film.

Après deux adaptations américaines de Blanche Neige au cinéma durant l’année 2012, ainsi qu’une série TV diffusée sur les chaines françaises, le morceau de pomme aurait pu mal passer. Il n’en ait rien. Blanche Neige se réinvente à chaque fois. Chaque fois plus beau. Dans le film de Berger, librement inspiré du conte des frères Grimm, les visages, les gestes, les lumières et les ombres, rien n’est filmé au hasard, produisant une composition visuelle très poétique. Nouvelle époque, nouveaux décors. Six nains toréadors (où est le septième ?), une sorcière qui pose dans des magazines de mode, une Blanche Neige du nom de Carmen qui danse le flamenco. Pas franchement fidèle au conte, et un peu cliché sur l’Espagne. Mais les ingrédients de la narration sont tous là. Manque juste le miroir. Pas un détail tout de même ! Blancanieves s’engage donc dans sa propre direction et arrive à se démarquer. Format 4/3, noir et blanc, muet, réalisateur espagnol. Un peu rebutant donc sur le papier même avec le succès de The Artist de Michel Hazanavicius. De plus, il faut dire que le cinéma espagnol n’est pas toujours apprécié et reconnu à sa juste valeur. Pour Cédric, c’est pourtant la raison pour laquelle il est venu : pour voir un film espagnol. En plus, Pablo Berger il connait et avait apprécié son dernier film (Torremolinos 73, (2003). ndlr). « J’ai l’habitude de ne jamais louper la moindre sortie cinématographique espagnole. Je suis rarement déçu par les films. Celui-ci est encore la preuve que le cinéma espagnol n’est pas mort. » Un film muet, c’est ce qui a étonné Muriel « J’ai failli sortir car je ne m’attendais pas à un film muet (le synopsis n’en fait pas mention. ndlr). Et puis finalement on se laisse prendre par le rythme, le film passe à une vitesse. Je suis conquise » Elle ajoutera que le film est prenant et qu’il l’a plus touché que The Artist. Bonne nouvelle ! Le cinéma espagnol a de beaux jours devant lui, le conte aussi. ¡OLÉ !

Anuncios

Responder

Introduce tus datos o haz clic en un icono para iniciar sesión:

Logo de WordPress.com

Estás comentando usando tu cuenta de WordPress.com. Cerrar sesión / Cambiar )

Imagen de Twitter

Estás comentando usando tu cuenta de Twitter. Cerrar sesión / Cambiar )

Foto de Facebook

Estás comentando usando tu cuenta de Facebook. Cerrar sesión / Cambiar )

Google+ photo

Estás comentando usando tu cuenta de Google+. Cerrar sesión / Cambiar )

Conectando a %s